Saison 2019 2020

Ma Mère l’Oye – Maurice Ravel

Mardi 14 Avril 2020 – Salle O. Messiaen – Grenoble.

Ce sont en réalité cinq oeuvres inspirées des contes majeurs comme la Belle au Bois dormant, le Petit Poucet,

les contes de ma mère l’Oye, La belle et la Bête, et le Serpentin Vert. Nous vous proposons un arrangement spécialement créé pour ce concert à partir de l’œuvre pour orchestre symphonique. L’occasion de découvrir les instruments de l’orchestre et de suivre l’histoire des plus célèbres contes de Charles Perrault, de Madame Leprince de Beaumont et Madame d’Aulnoy, emmenés par un narrateur.

Titre : Ma Mère l’Oye, de Maurice Ravel.
Effectif : 6 violons, 2 altos, 2 violoncelles , 1 contrebasse, 1 flûte traversière/piccolo, 1 hautbois, 1 clarinette, 1 basson, 1 cor, Percussions.

Ma Mère l’Oye

Composée entre 1908 et 1910, l’œuvre Ma Mère l’Oye, composée de cinq pièces enfantines est à l’origine une suite pour piano à quatre mains. Le compositeur cite d’ailleurs les passages qu’il a précisément illustrés sur la partition. Ravel dédia Ma Mère l’Oye à deux enfants, Jean et Marie Godebski, enfants de ses fidèles amis d’origine polonaise Cipa et Ida.

Première Pièce – Pavane de la Belle au Bois Dormant

Cette pavane, danse ancienne, noble et lente, nous présente la fée Bégnine berçant de contes le sommeil de la princesse. Elle évolue sur une mélodie transparente, illuminée par la flûte puis par la clarinette, délicatement accompagnée par les cordes. Sur un accompagnement délicat, la flûte expose deux thèmes facilement repérables de la princesse endormie.

Seconde pièce – Le Petit Poucet

Ce fragment relate la célèbre histoire du Petit Poucet. Les enfants du bûcheron errent dans le soir tombant. On reconnaît les pas dans l’accompagnement musical du début. Leurs hésitations sont illustrées par des changements de mesures et leurs angoisses sont décrites par un dessein sinueux de tierces, se succédant aux différents pupitres de cordes munis de sourdines. La mélodie semble avoir de la peine à se déployer malgré les efforts du hautbois, puis du cor anglais. Les oiseaux font entendre leurs appels criards par des glissandos et des trilles aux violons ainsi que par la flûte imitant le chant du coucou. La marche se poursuit, sourdement rythmée, avant de s’évanouir sur un dernier accord qui dissipe l’angoisse…

Troisième pièce – Laideronette, impératrice des Pagodes

Cette pièce est de loin la plus étrange et séduisante, aux sonorités surprenantes, et sans nul doute l’un des chefs d’œuvre de Ravel orchestrateur. C’est encore un mouvement de marche mais plus vif que pour le Petit Poucet. Ravel utilise un grand panel de couleurs qui donnent un souffle de joie soutenu par l’utilisation du mode pentatonique. L’œuvre est construite en trois parties. Dans la première, le piccolo entre sur un motif léger, auquel succède un dialogue initié par le hautbois avec le cor anglais et la flûte. La partie centrale se différencie par un ton plus solennel. Ravel mêle cette fois les timbres de la flûte, du cor, du célesta et de la harpe sur des coups répétés de tam-tam qui vient appuyer l’évocation de l’orient. Le jeu de timbres et les cymbales donnent une touche d’humour coloré alors que les cordes divisées ajoutent une note exquise de raffinement. Après le retour du premier épisode, la pièce se termine sur un crescendo aboutissant à un accord coloré des cinq sons de l’échelle pentatonique.

Quatrième pièce – Entretiens de la Belle et la Bête

-« Quand je pense à votre bon cœur, vous ne me paraissez pas si laid. » – « Oh! Dame oui! J’ai le cœur bon, mais je suis un monstre. » – « Il y a bien des hommes qui sont plus monstres que vous. » – « Si j’avais de l´esprit, je vous ferais un grand compliment pour vous remercier, mais je ne suis qu’une bête… La Belle, voulez-vous être ma femme? » – « Non, la Bête!… » – « Je meurs content puisque j’ai le plaisir de vous revoir encore une fois. » – « Non, ma chère Bête, vous ne mourrez pas : vous vivrez pour devenir mon époux! »… La Bête avait disparu et elle ne vit plus à ses pieds qu’un prince plus beau que l’Amour qui la remerciait d’avoir fini son enchantement. Mme Leprince de Beaumont

Sans doute le moment le plus poétique et le plus descriptif de l’œuvre, Ravel y fait s’entretenir sur un rythme de valse lente, un dialogue amoureux au cours duquel la Belle, caractérisée par une clarinette à la mélodie aimable, finit par céder aux supplications de la Bête, murmurées par le contrebasson, instrument au timbre rauque et au motif volontairement gauche

Cinquième Pièce – Le Jardin Féérique

D’un baiser, le Prince Charmant a réveillé la princesse, le couple est béni par la fée devant tous les personnages… Le Jardin féérique n’est autre qu’un lent et admirable crescendo interrompu par un palier central. Ravel semble y avoir mis toute sa nostalgie secrète d’un monde de féerie enfantine… Les cordes seules nous ouvrent les portes de ce pays des merveilles et leurs frémissements nous guident vers l’éblouissement final.

La superbe apothéose, des cors, des bois puis du tutti orchestral forme ce final et l’on quitte à regret ce royaume aux multiples splendeurs, témoins de la vision ravélienne fabuleuse du monde de l’enfance !

Maurice Ravel

Maurice Ravel, de son nom de baptême Joseph Maurice Ravel, est un compositeur français né à Ciboure le 7 mars 1875 et mort à Paris le 28 décembre 1937.

Avec son aîné Claude Debussy, Ravel fut la figure la plus influente de la musique française de son époque et le principal représentant du courant dit impressionniste au début du xxe siècle. Son œuvre, modeste en nombre d’opus (quatre-vingt-six œuvres originales, vingt-cinq œuvres orchestrées ou transcrites), est le fruit d’un héritage complexe s’étendant de Couperin et Rameau jusqu’aux couleurs et rythmes du jazz et d’influences multiples dont celle, récurrente, de l’Espagne.

Caractérisée par une grande diversité de genres, la production musicale de Ravel respecte dans son ensemble la tradition classique et s’étale sur une période créatrice de plus de quarante années qui la rendent contemporaine de celles de Fauré et Debussy, mais aussi de Stravinski, Prokofiev, Bartók ou Gershwin. La grande majorité de ses œuvres a intégré le répertoire de concert. Parmi celles-ci le ballet symphonique Daphnis et Chloé (1909-1912), le Boléro (1928), les deux concertos pour piano et orchestre pour la main gauche (1929-1930) et en sol majeur (1929-1931) et l’orchestration des Tableaux d’une exposition de Moussorgski (1922) sont celles qui ont le plus contribué à sa renommée internationale. Reconnu comme un maître de l’orchestration et un artisan perfectionniste, cet homme à la personnalité complexe ne s’est jamais départi d’une sensibilité et d’une expressivité qui, selon Le Robert, lui firent évoquer dans son œuvre à la fois « les jeux les plus subtils de l’intelligence » et « les épanchements les plus secrets du cœur ».

Quelques extraits

 

Boite à outils

Les dates de représentation

Lieu Date Séance 1 Séance 2 Séance 3
Grenoble – Salle O. Messiaen Séances Scolaires Mardi 14 Avril 09h30 10h45
Grenoble- Salle O. Messiaen Tous publics Mardi 14 Avril 20h

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